Communiqué / Alerte presse


Félins et activités humaines : première méta-analyse mondiale à l’échelle de toute la famille des Felidae

Les Felidae, un taxon emblématique, font face à des menaces croissantes, principalement liées à la dégradation des habitats et aux conflits entre humains et faune sauvage. Une étude portée par le Laboratoire de biométrie et de biologie évolutive (LBBE – CNRS / Lyon 1 / VetAgroSup) met en lumière l’influence des activités humaines sur le domaine vital des félins. Les résultats viennent de para?tre dans la revue internationale Journal of Animal Ecology.

Cette recherche constitue la première méta-analyse globale menée à l’échelle de toute la famille des félins. Elle met en évidence de nouvelles variables explicatives de la taille du domaine vital, comme l’importance des p?turages, des cultures et la richesse en espèces de félins.

Le domaine vital (DV) correspond à l’ensemble des zones qu’un animal utilise régulièrement pour se nourrir, se reproduire et se reposer. Il s’agit d’un indicateur clé de l’écologie spatiale des animaux. Comprendre les déterminants écologiques et anthropiques des variations de la taille du domaine vital des félins est essentiel pour leur conservation. Afin d’examiner ces facteurs à l’échelle mondiale pour l’ensemble du taxon, les auteurs ont utilisé la base de données HomeRange — une base de données mondiale regroupant des valeurs de DV pour 960 espèces de mammifères — complétée par environ 20 % d’enregistrements supplémentaires, afin de compiler 1137 estimations individuelles de taille de DV couvrant 29 des 40 espèces de félins sauvages actuellement reconnues. Des modèles linéaires mixtes généralisés ont été appliqués pour évaluer l’influence de facteurs intrinsèques, méthodologiques, écologiques et anthropiques sur l’utilisation de l’espace.

Les résultats ont montré qu’à l’échelle mondiale, chez les félins, la taille du domaine vital dépend à la fois de traits biologiques (notamment la masse corporelle et le sexe), de l’environnement et des pressions humaines. Les félins occupent un domaine vital plus petit dans les zones riches en ressources, car ils ont besoin de moins se déplacer pour trouver des proies. Il est également plus restreint dans les zones présentant une forte richesse en espèces de félins, probablement en raison de la compétition. Enfin, l’étude met en évidence que les domaines vitaux sont plus petits dans les paysages agricoles (p?turages et cultures), ce qui suggère que les activités humaines modifient fortement l’utilisation de l’espace, possiblement en limitant les déplacements. Ces résultats soulignent que l’anthropisation influence profondément l’écologie spatiale des félins, avec des implications importantes pour leur conservation.
 

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N.B. : Les travaux ont été réalisés par Arthemis Moraru dans le cadre de son stage de Master 2 au LBBE (CNRS / Lyon 1 / VetAgroSup) sous la direction de Sébastien Devillard, enseignant-chercheur au LBBE. Arthemis Moraru est aujourd’hui doctorante à l’Université Lyon 1, au Laboratoire d'écologie des hydrosystèmes naturels et anthropisés (LEHNA ? Lyon 1 / CNRS / ENTPE). Lire son portrait.

Bibliographie

Moraru, A., Anile, S., & Devillard, S. (2026). Global determinants of home range sizes in felids: Evidence of human disturbance impact. Journal of Animal Ecology. Advance online publication. https://doi.org/10.1111/1365-2656.70227

Contact scientifique
Arthemis Moraru, doctorante à l’Université Lyon 1
arthemis.moraru@univ-lyon1.fr

Contact presse
Béatrice Dias, directrice de la communication de l’Université Lyon 1
04 72 44 79 98 ou 06 76 21 00 92 | beatrice.dias@univ-lyon1.fr


crédit photo vignette : Adobe Stock

Publié le 9 mars 2026